Amritsar?

Me voici finalement en position d’écrire un petit mot pour vous dire que je suis bien arrivée: partie de Zürich maintenant à Amritsar, même si ce ne fût pas sans émotions et sans heurts… 😉

Laissez-moi vous raconter mes petites péripéties, cela décrit bien l’Inde et ses situations parfois rocambolesques!

Je suis bien arrivée à dimanche soir à minuit heure locale, comme prévu et j’ai décidé de patienter à l’aéroport jusqu’à 5 heures du matin, en attendant que le métro ouvre afin de me rendre à la gare pour y déposer un sac à la consigne et surtout pour prendre mon train à 7h20 pour Amritsar. Pas de problème pour arriver à la gare, un peu plus difficile pour trouver la consigne car c’était le chaos dans la gare, en raison de la fête de Diwali: des gens attendent plusieurs jours qu’une place se libère, ils dorment dans la gare, à même le sol: on est vite remis dans l’ambiance indienne, je vous le garantis! En plus, la moiteur, l’humidité étaient fortement présentes dimanche soir en arrivant et lundi matin c’était encore brouillardeux, un peu oppressant même d’arriver dans la nuit et puis de me déplacer dans un métro en partie aérien alors que la nuit était encore bien installée: des lumières faibles, des petits feux partout pour brûler les déchets, comme au bled, et cette moiteur constante qui amplifie les odeurs, les sensations… Enfin, le jour s’est levé et a dissipé la moiteur, seule la chaleur est restée, mais il n’a pas dissipé le smog très épais, dont je ne me souvenais plus: peut-être s’est-il accentué depuis mon dernier voyage, enfin oui, il s’est accentué et je l’ai constaté tout le long de la route qui m’a amenée jusqu’ici. Oui, la route… Mais reprenons: j’étais à la gare, cherchant la consigne, quand un employé m’a demandé à voir mon billet, justement pour la consigne, et c’est alors que tout a basculé… Il m’a dit, mais qui vous a procuré ce billet? « Heu, moi », lui répondis-je avec aplomb, « je l’ai réservé sur Internet », et là l’horreur débute: « mais ce n’est pas le bon quota, vous avez un billet de quota “général”, c’est réservé aux Indiens, vous ne pouvez pas voyager avec ce billet! » Mmmmh, là ça commence à sentir le roussi, mais je veux encore y croire et je me débats comme un diable dans un bénitier: « mais il doit y avoir moyen d’arranger cela, j’ai un billet, il y a une place pour moi, je l’ai commandé il y a longtemps, ce n’était pas clair votre histoire de quota », et blablabla et blablabla. Il me dit d’aller au comptoir d’un organisme spécialisé avec les touristes, que c’est eux qui vont pouvoir arranger la situation. Ouf, je respire et j’écoute les explications pour m’y rendre, ça me semble un peu loin, mais non c’est juste au coin, mais en fait oui c’était loin, et avec mes deux sacs, je ne vous raconte pas! Enfin, si je vous raconte: je comprends qu’en fait je dois prendre un rickshaw juste au coin, mais que l’agence en question est pas mal plus loin.

Bon, me voilà partie dans le petit matin qui se lève et la circulation cahotique et chaotique, pour me faire dire à cette agence dont je me souviens parfaitement en y entrant puisque c’est elle qui m’avait envoyée au Cachemire sans me le dire, en 2007, donc pour me faire dire qu’il n’y pas moyen de changer ce billet pour en obtenir un dans le bon quota pour touristes, puisqu’il n’y a aucun siège de disponible avant 4 jours au minimum! Je reprends mes arguments ci-haut mentionnés, mais en vain, il me propose l’avion dont l’idée m’enchante avant que je réalise que le billet est à près de 1000$, oui oui près de mille dollars pour faire une heure de vol… Je ris donc de façon très jaune et de plus en plus coincée. Pour le bus, c’est tout aussi complet que le train, donc on oublie et il ne reste que la voie terrestre, avec un chauffeur, pour faire les 500km en taxi. Il me fait un gentil décompte à 585$ et devant ma mine déconfite me la fait à 550$ en insistant bien sur l’impossibilité de faire autrement.

Sentant la pression augmenter, je choisis la lutte active et je fuis en lui disant que je retourne à la gare pour argumenter à nouveau, que je vais trouver un moyen de monter dans ce train, que j’ai pris mon billet, qu’il y a une place pour moi, etc etc. J’arrive à nouveau à la gare avec mon rickshaw, mais le gardien du stationnement ne nous laisse même pas approcher sans billet, car il rejette tous mes faibles espoirs d’un seul revers de mots: impossible pour vous de voyager avec ce billet au quota “général”! J’ai bien compris cette fois-ci, car même après lui avoir dit que j’étais prête à prendre le risque de payer une amende, même forte, il m’a dit que le contrôleur allait me jeter hors du train, bon au premier arrêt quand même… Ok, que faire alors? Il me conseille d’essayer la place que je viens de faire et devant mon désarroi il me propose une autre place dans le même genre, qui eux aussi ont parfois des billets supplémentaires: j’y cours, j’y vole, enfin avec mon super rickshaw qui a flairé la bonne affaire et ne me lâche pas d’une semelle! Je suis donc dans un autre office, à entendre les mêmes fins de non-recevoir, mais ils sont plus sympathiques, je sens qu’ils essaient de m’aider. Je renonce même à partir pour Amritsar, en suggérant de partir pour une autre de mes destinations, quitte à aller à Amritsar un peu plus tard, mais là l’horreur s’épaissit, pour autant que l’horreur puisse être mince: toutes les destinations, en tout cas les miennes, sont complètement complètes, et cela pour les 3-6 prochains jours!

Comme il m’est impossible de voir ainsi s’écrouler tous mes plans savamment élaborés, et de passer plusieurs jours à Dehli, ville que je n’apprécie pas plus que cela, j’écoute leur nouvelle proposition de chauffeur, à laquelle ils rajoutent même une option supplémentaire: partir en taxi pour faire tout le tour que je souhaite, enfin sans Varanasi et le Gujarat quand même, quoique si je les avais laissés faire…. Je prends connaissance des chiffres: presque la moitié moins pour me rendre uniquement jusqu’à Amritsar qu’avec l’autre agence, et puis il me présente aussi l’option du tour au complet, soit 12 jours je crois. Je saute sans enthousiasme, sur l’option la moins cher, soit l’aller simple pour le Temple d’or à Amritsar, mais là il me dit: « mais comment allez-vous vous rendre à votre destination suivante? » Et on refait toutes les vérifications pour trouver des moyens de transport  pour la suite de mon voyage: tout est complet, plus rien du tout, ran di to, nothing at all, nada nada nada… Alors il faut bien se rendre à l’évidence: les fêtes religieuses c’est bien joli, mais alors qu’est-ce que ça nous coûte cher!!! J’ai donc pris le tour complet avec chauffeur, en fermant les yeux au moment de payer, et en me concentrant sur les nombreux avantages de la chose et notamment de la souplesse que cela apporte. Bon, après les 10 heures qu’a duré le trajet en voiture dans une circulation parfois fluide, mais généralement très dense et un peu dangereuse à la fin alors que la nuit bien noire était tombée et que la folie des automobilistes augmente avec la noirceur, je dois dire que c’est une souplesse toute relative. Mais bon, mon jeune et charmant chauffeur Nawal, 30 ans et fraîchement marié et dont la femme est fâchée d’être séparée pour la fête de Diwali, nous a conduits à bon port et c’est le principal: il a fait un super boulot pour se faufiler ainsi dans des écheveaux de circulation dont vous ne pouvez même pas imaginer la complexité, du Kafka total.

Une chambre très quelconque dans un hôtel étrange et difficile à trouver, c’est moi qui l’ai réservée sur Booking.com, mais après une bonne douche, je me suis sentie la force d’aller faire un tour pour voir ce fameux Temple d’or et je confirme, il est magnifique!

 

 

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2 réflexions sur “Amritsar?

    1. J’ai bien voulu, mais il est impossible d’aller sur les quais sans un billet valable et visiblement le mien ne l’était pas. Et il semble qu’en période de très grande affluence, comme pour Diwali, ils sont devenus extrêmement tatillons sur ces histoires de quotas, le gouvernement a changé et a édicté de nouvelles règles, plus strictes. Et puis même si j’avais réussi à embarquer et à ne pas me faire sortir du train un peu plus loin, je n’aurais pas trouvé de moyens de transport pour quitter Amritsar: tout était pris pour plusieurs jours encore, avec des listes d’attente… Mais bon, je ne regrette pas mon choix sécuritaire: j’aurai d’autres occasions d’aventures!

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