Dwarka

Rencontres sur la route

Partir du Kachchh (j’adore…) pour se rendre à Dwarka, c’est une sacrée trotte, mais en fait j’ai fait une petite étape à Jamnagar pour une nuit: je vous en parle à la fin, même s’il n’y a pas grand chose à dire! Par contre j’ai fait deux belles rencontres sur la route, la première est quand je me suis arrêtée juste après un pont car j’avais vu des buffles qui se baignaient et je voulais faire une photo. Ce que j’ai fait. Et à ce moment-là j’entends des vociférations venant d’un buisson et je vois un homme qui gesticule dans le lointain et qui dit « photo » en criant des choses que je ne comprends pas, sûrement du gujarati, mais qui me semblent peu sympathiques. Je fais un petit signe d’acquiescement, oui oui j’ai fait une photo, et un petit geste de la main sur le coeur: je suis désolée, je ne voulais pas déranger, et un autre signe de tête pour signifier mon départ. Mais il continue de gesticuler et de crier, et maintenant il s’avance vers moi, mais heureusement c’est boueux et difficile pour lui de se déplacer: je me dis que j’ai le temps de rejoindre la moto, de mettre mes gants et mon casque et de filer, enfin peut-être que je vais laisser faire les gants pour partir plus vite, car il s’en vient rapidement, le bougre!

Mais là j’ai un doute sur ce qu’il veut vraiment me signifier, on dirait qu’il veut que je descende près de la mare pour faire des photos des buffles de plus près… Je fais un autre geste avec ma caméra, « photo?’ et il me fait signe de descendre la côte. Ok, me voici partie pour le rejoindre, à travers broussailles piquantes et roches roulantes (mais pas moussues). Il est heureux, je suis beaucoup mieux placée pour prendre les buffles et arrive à ce moment un autre homme, très typé, avec des boucles d’oreilles fantastiques: il est d’accord pour quelques clichés, puis un autre homme arrive, bon enfant, et lui aussi se prête aux photos, un petit garçon arrive et je le prends aussi en photo, puis d’autres jeunes hommes arrivent à leur tour, surgissant de nulle part tel Zorro dans les belles années du noir-blanc. Mais j’ai mis fin à la séance de photo, j’ai cru lire un signe comme quoi il était temps de partir: je crois aux signes, je suis partie. Mais j’ai adoré cette rencontre avec ces personnages, et j’ai aussi pu lire dans les yeux des buffles qu’ils voyaient très bien que j’étais différente: ils avaient peur de moi et me regardaient avec des grands yeux ahuris!

L’autre rencontre s’est produite alors que je photographiais des tas de paille, bein oui ils étaient beaux et différents des nôtres: ils sont pyramidaux! Enfin j’étais arrêtée sur le bord de la route lorsqu’un troupeau de brebis (ou sont-ce des chèvres?) a passé, mené par un homme  à la fière allure avec son bâton, ses boucles à l’intérieur des oreilles et sa tunique blanche. Il était timide, mais a accepté mes quelques photos…

 Dwarka

Dwarka est une petite ville côtière un  des quatre lieux sacrés de l’hindouisme, vers lequel de nombreux pèlerins cheminent et viennent se baigner le long des quelques ghats, comme à Bénarès. La légende veut aussi que ce soit le lieu de naissance de Krishna. Il y a plusieurs temples très anciens, dont quatre importants: un est à Dwarka même, Dwarkadhish (le seigneur de Darka), les autres sont un peu à l’extérieur de la ville: je suis allée m’y promener, il faut dire que tout est prétexte à faire ronronner Red Beauty… En tout cas elle a toujours un succès fou, et on voit ici l’enthousiasme parfois délirant des enfants, qui se sont mis à tourner la poignée des gaz pour entendre le son si particulier de son moteur, et à klaxonner à tout va! C’était l’anarchie autour de la moto et j’ai été sauvée par quelque adulte qui sait comment se faire écouter des enfants!  Dwarka est une petite ville agréable, j’ai bien aimé la découvrir.

Pèlerinage

J’ai commencé par me rendre à Bet Dwarka (j’ai ainsi appris un nouveau mot hindi: « bet » veut dire île) et pour se rendre sur l’île pour rejoindre le temple, il faut prendre un bateau. C’est une expérience en soi! J’ai eu de la difficulté à trouver le quai d’embarquement, mais finalement je me suis frayée un chemin et j’ai pu sauter dans une embarcation qui n’en finissait plus de se remplir. Vous savez, ces petits bateaux remplis de pèlerins qui se renversent… Mais non, la sécurité est omniprésente: j’ai compté 12 gilets de sauvetages pour 120 personnes officiellement, pas loin du double en fait. Mais nous sommes partis sans encombres et le moment-phare de la traversée c’est quand les gens commencent à jeter des petits biscuits aux mouettes: ils adorent ça et elles aussi!

Par contre le temple était fermé pour la pause de l’après-midi, avec une demi-heure d’avance: frustration parmi les gens en trouvant la porte close car nous avons quand même mis au moins 40 minutes en tout pour  nous y rendre. Mais un prêtre donnait la tika (le point rouge) à ceux qui le souhaitaient, ainsi ils n’étaient pas venus pour rien. Moi j’ai renoncé à la tika, mon aventure s’était sur le bateau, je ne regrettais pas ce temple dont je n’ai photographié que le panneau indicateur!

Ensuite Nageshwar, avec sa grande statue de Shiva (oups je n’étais pas supposée faire des photos du feu à l’intérieur, ou de la statue du boeuf, mais c’était déjà fait, sorry), et autre sur la route, en fait c’était un lac sacré avec là aussi des petits ghats pour que les pèlerins y fassent leurs ablutions. Le nom du lieu… ce lieu si important… mmmh, j’ai le regret de vous dire que j’ai oublié… Pas grand chose à en dire, si ce n’est plusieurs petits temples en plus du lac, avec une gardienne bien spéciale dans l’un deux: elle voulait absolument que je visite son temple, son insistance était même suspecte, mais non, juste une forte envie de me montrer son autel, et de se faire prendre en photo!

Jamnagar.

Oui, je vous le disais, avant d’arriver à Dwarka, j’ai fait une halte d’une nuit dans cette ville que je qualifierais d’ordinaire, sans véritable attrait à part son lac au milieu duquel trône un ancien palace qui est maintenant un musée défraîchi et peu invitant. Mais le lac est reposant et offre une vue magnifique sur le soleil couchant. Et puis le lendemain matin, j’ai passé à côté d’un superbe temple et je n’ai pu résister, malgré la quantité de temples visités, à m’arrêter pour y faire un tour, et j’ai été totalement séduite par cet endroit, lui aussi sans nom, enfin sans nom connu de moi pour le moment: je ferai des recherches, promis. Que de boulot en perspective! Alors n’hésitez pas à m’aider, si le coeur vous en dit… En tout cas j’ai beaucoup aimé son entrée en marbre blanc avec l’illusion d’un tapis réalisé en incrustation, genre Taj, et ses petites sculptures de Ganesh, dans des positions différentes, et les colonnes soigneusement ouvragées, et l’ambiance très sereine du tout. Ça compense pour le bof que j’attribuais à la ville!

 

 

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